Un récent numéro du BEH (Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire), édité par l’Institut de veille sanitaire fait état d’une étude de la surveillance de la syphilis sur le territoire français. Cette maladie qui avait occasionné d’importants ravages en Europe depuis le 15éme siècle jusqu’au début du 20ème siècle, avait à peu près disparu du monde occidental. Au point que sa déclaration, obligatoire depuis le début des années quarante, avait été abrogée par une ordonnance du 15 juin 2000. L’étude de l’Institut de veille sanitaire a été établie sur 3 années 2000, 2001 et 2002 : sur tout le territoire français 645 cas de syphilis ont été dénombrés (37 en 2000, 207 en 2001 et 401 en 2002). Il faut noter que plus des trois quarts des cas ont été diagnostiqués, chaque année, en Ile de France, dont plus de 98% de ces cas à Paris. Parmi les 645 cas, presque un quart étaient des syphilis primaires (74,4% des patients avaient un chancre génital, 13,5% un chancre ano-rectal, 9,8% un chancre bucco-pharyngé et 2,2 % un chancre ano-buccal/ano-génital/bucco-génital. Ces cas de syphilis ont majoritairement été diagnostiqués chez des hommes (97%) de 36 ans d’âge moyen, la proportion d’homosexuels ou de bisexuels étant légèrement supérieure à 80%. Enfin globalement, 54,1% des cas étaient séropositifs pour le VIH, dont 14,3% ont découvert leur séropositivité lors du diagnostic de la syphilis. La majorité des cas de syphilis (87,4%) a été diagnostiquée parmi les homosexuels ou bisexuels en Ile de France. Un auto-questionnaire a été proposé aux patients qui y ont répondu dans une proportion allant de 40 à 52 %, en augmentation chaque année. Ce questionnaire a permis de tirer un certain nombre d’enseignements en ce qui concerne le comportement, les pratiques sexuelles et les attitudes préventives des patients. La moitié des personnes contaminées par la syphilis ne connaissaient pas la personne à l’origine de cette contamination. Lorsque la personne était connue, plus des trois-quarts des patients ont déclaré avoir eu une relation anonyme ou occasionnelle. Pour un quart, ces relations avaient eut lieu dans un établissement à activité sexuelle (saunas, etc.). La fellation non protégée était la relation avec la personne à l’origine de l’infection la plus fréquemment utilisée. Il semble donc nécessaire que l’information d’un large public, insistant sur la prévention et les dangers de certains comportements sexuels non protégés, soit largement diffusée afin d’arrêter l’augmentation de la transmission de la syphilis conjointement à celle de l’infection à VIH.
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