Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers chez la femme : une tumeur sur quatre. Et au cours de sa vie, une femme sur neuf risque d’en être atteinte. C’est également une maladie universelle : dans le monde, plus d’un million de ces cancers sont diagnostiqués chaque année. Un cancer en augmentation Le nombre des cancers du sein est à la hausse depuis les années 1950 et ils touchent de plus en plus de jeunes femmes, avant 40 ans. En France leur fréquence a augmenté de 60 % en 20 ans, et c’est dire le poids considérable de cette maladie sur la santé publique. La seule solution pour inverser la tendance, c’est le diagnostic précoce combiné à une stratégie thérapeutique efficace. Comme tous les cancers, le cancer du sein se traduit par la prolifération anormale de cellules elles-mêmes anormales. Dans le cas d’espèce, la tumeur se développe dans la glande mammaire. Et si la maladie touche en majorité les femmes certes, les hommes peuvent également être concernés. Rare avant 30 ans, ce cancer est le plus fréquent entre 60 et 64 ans, mais il menace encore jusqu’à 74 ans. Dans la plupart des cas il se manifeste par une petite boule détectable à partir de 1 cm environ. D’autres signes doivent aussi attirer l’attention : une déformation du sein vers l’intérieur, une rougeur ou un écoulement du mamelon. Plus le diagnostic sera posé tôt, plus grandes seront les chances de guérison. Aujourd’hui, ce diagnostic repose principalement sur la mammographie. Une technique indolore, fiable mais… coûteuse si elle est pratiquée en masse. En France heureusement, le Plan Cancer entré en vigueur le 1er janvier 2004 permet à toutes les femmes de 50 à 74 ans, soit près de 8 millions d’entre elles, de bénéficier gratuitement et tous les deux ans d’une mammographie. L’objectif affiché, c’est de réduire de 20 % la mortalité par cancer du sein. Nous sommes sur la bonne voie. La révolution des thérapies ciblées En 2006 en effet, plus de 2 millions de femmes ont eu recours à ce programme de dépistage organisé. « Ce qui représente 49,3% de la cible » indique l’Institut de Veille sanitaire (InVS). Une proportion qui ne cesse d’augmenter depuis 2003. Mais bien entendu, le dépistage ne suffit pas pour faire reculer les cancers. Il est indispensable de faire progresser aussi les traitements. Et de ce côté-là, les nouvelles sont encourageantes. Outre la chirurgie, la chimiothérapie a fait des progrès considérables depuis un peu plus de 15 ans. L’introduction au début des années 90 du Taxotère, un médicament qui bloque la multiplication cellulaire, a marqué un premier progrès spectaculaire. Mais l’arrivée récente des thérapies ciblées présentées au 43ème congrès de l’American Society of Clinical Oncology qui s’est tenu récemment à Chicago, a marqué une nouvelle révolution. Comme leur nom l’indique, elles s’attaquent à des cibles étroites. Aujourd’hui les traitements reposent généralement sur des combinaisons complexes associant plusieurs armes. Car il est vrai que « si l’on se contente de traiter localement le cancer du sein on n’obtient guère que 20 % de survie à 5 ans à cause des métastases », insiste le Pr Xavier Pivot, du CHU de Besançon. « Or avec des traitements bien conduits, nous obtenons aujourd’hui 80 % de guérisons vraies. » Autrement dit des guérisons que les médecins sont en mesure de certifier scientifiquement à leurs malades… et aussi à leurs assureurs, qui sont comme chacun sait des professionnels très prudents. L’émergence de l’onco-esthétique Plus efficace et moins longue, la prise en charge du cancer du sein n’en demeure pas moins lourde pour les patientes. Car s’il est vrai que les traitements guérissent de plus en plus, ils touchent la femme dans sa féminité : perte de cheveux, des cils, des sourcils… Il est souvent difficile dans ces conditions, de garder une bonne image de soi ! Or c’est fondamental pour lutter contre la maladie. En France, sous l’impulsion des patientes bien sûr, mais aussi du Plan Cancer, une nouvelle discipline est en train de voir le jour : l’onco-esthétique. Certes les hôpitaux ne débloquent pas encore de budgets pour créer des postes d’esthéticiennes. Malgré tout, des initiatives naissent ici ou là. Ainsi le premier prix des Initiatives Roche 2007 « Cancer du sein et onco-esthétique » vient-il d’être remis lors du Congrès Eurocancer, à une équipe de l’hôpital Saint-Camille de Bry-sur-Marne. De son côté l’Association Any d’Avray, créée par une spécialiste des chevelures d’appoint, a remis pour la 13ème année consécutive son prix Infirmier à une socio-esthéticienne qui a créé une consultation d’onco-esthétique dans un établissement de Colmar. Au sortir de la consultation infirmière, les patientes peuvent ainsi recevoir des conseils concernant leur maquillage, leur chevelure, leur style vestimentaire… Une véritable « mise en beauté » qui n’est vraiment pas de trop pour celles qui débutent la Grande traversée que constitue le traitement d’un cancer du sein… Marc Ghostine
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