Le psoriasis est une des maladies de peau les plus fréquentes. Maladie inflammatoire, elle provoque des difficultés psychologiques chez les personnes qui en sont atteintes par l’aspect inesthétique de sa manifestation et surtout par son caractère souvent chronique. Des atteintes cutanées à répétition Le psoriasis est une maladie très ancienne ; des traces de psoriasis auraient été retrouvées sur des momies datant du premier siècle. Tout au long du Moyen Âge, les manifestations externes du psoriasis le firent assimiler à la peste. Ce ne fut qu’au début du 19e siècle, qu’un médecin anglais, Robert Willian, réussit à faire une description détaillée de cette maladie. Le psoriasis atteint entre 2 et 4 % de la population blanche alors que la population noire est presque peu touchée. Il se caractérise par l’apparition de plaques rouges squameuses, le plus souvent localisées aux genoux, aux coudes ainsi que dans le cuir chevelu. Les débuts sont en général progressifs, entre l’âge de 10 ans et celui de 40 ans, mais ensuite l’évolution est la plupart du temps chronique avec périodes de rémission et de rechutes à répétitivité variable. Les lésions sont constituées par des plaques non prurigineuses, recouvertes de squames brillantes blanches, se détachant facilement. Leur apparition est déclenchée, la plupart du temps, par la prise régulière de certains médicaments, une irritation due à un coup de soleil, un traumatisme local (phénomène de Koebner) ou de facteurs psychologiques (stress, traumatismes psychologiques sévères). Cependant d’autres facteurs ont été mis en cause, notamment la prédisposition génétique (familles à risque), sans que la maladie soit cependant héréditaire. C’est ainsi que plusieurs gènes de prédisposition ont pu être identifiés et mis en cause dans le génome humain ; on a pu enfin établir que les mécanismes immunitaires jouaient un rôle important dans le psoriasis (maladie auto-immune). Il faut également noter que si cette maladie se limite à des atteintes cutanées, elle reste dans la plupart des cas, relativement « bénigne » sur le plan physique. Mais elle peut prendre dans des cas heureusement plus restreints, un aspect plus sévère avec atteinte des articulations de la main, de la colonne vertébrale ou des grosses articulations (rhumatisme psoriasique). En général, plus le psoriasis est apparu tôt, plus il peut être grave. Si les poussées aiguës peuvent régresser voire disparaître après un traitement, la rémission complète et définitive demeure assez rare. Les traitements Les traitements sont essentiellement symptomatiques : traitements locaux sous forme de pommades, de crèmes ou de gels pouvant contenir des huiles végétales de vaseline salicylée ou à base de corticoïdes, de goudron de houille. Les pommades à base d’anthraline à faible concentration (0,1% au début, mais pouvant atteindre progressivement 1%) sont aussi efficaces quoique irritantes et parfois mal supportées. Pour les plaques du cuir chevelu, on utilise une solution à 10 % d’acide salicylique dans une huile minérale en application au coucher avec shampoing au goudron le lendemain matin. Il est conseillé afin de ne pas salir les draps de dormir avec un bonnet de nuit. La photothérapie à base d’UV A ou d’UV B, particulièrement les UV B sélectifs, améliore considérablement l’état du malade. Il faut cependant, comme pour l’exposition au soleil se méfier de l’augmentation du risque de cancer de la peau. Enfin dans les cas graves, lorsque les traitements locaux ou photothérapiques se sont révélés inefficaces, les dermatologues peuvent instituer un traitement par voie générale. Les rétinoïdes associés à la photothérapie peuvent donner de bons résultats dans 75 % des cas. On utilise également un anticancéreux, le méthotrexate, avec une surveillance particulièrement rigoureuse compte tenu des effets secondaires de ce médicament. On l’a recommandé dans le traitement des atteintes articulaires liées au psoriasis. Les malades rebelles à tous ces traitements peuvent être traités par la cyclosporine, en surveillant également de très près les effets secondaires (tension artérielle et fonction rénale). Enfin dernières-nées, les biothérapies suscitent un espoir d’autant plus grand qu’aucun traitement n’a jusqu’ici réussi à obtenir une guérison complète. Il s’agit des anti-TNF alpha, déjà utilisées dans la polyarthrite rhumatoïde ainsi que dans la maladie de Crohn : - Enbrel (étanercept), jusqu’ici utilisé dans la polyarthrite évolutive et la spondylarthrite ankylosante est maintenant utilisé dans le traitement du psoriasis dans les cas où les thérapeutiques classiques ont échoué. C’est un médicament d’exception dont la prescription et le renouvellement est réservé aux spécialistes en rhumatologie, en médecine interne et en dermatologie. - Remocad (infliximab), utilisé dans les affections rhumatoïdes, la maladie de Crohn. On l’utilise également avec les mêmes indications dans le traitement du psoriasis. La surveillance de ce traitement est très stricte, compte-tenu du nombre important de ses effets secondaires et contre-indications. Les cures thermales, peuvent être utiles. La Roche Posay par la propriété apaisante, cicatrisante et adoucissante de son « eau de velours » et par la présence autour de dermatologues d’une véritable équipe thérapeutique paraît être toute désignée pour contribuer à l’amélioration de l’état des malades atteints de psoriasis. Ne pas oublier enfin que l’accompagnement du traitement par un dermatologue ayant reçu une formation de psychologue est dans la plupart des cas indispensable dans cette maladie qui renvoie en permanence au malade une image dévalorisante. Henry Ramuz Association pour la lutte contre le psoriasis (APLCP) : 01 34 42 09 01. Boîte postale : Hôpital Saint-Louis - Pavillon Bazin - 1 avenue Claude Vellefaux - 75010 Paris |