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Pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires
 
Jean de Kervasdoué, ancien directeur des hôpitaux, titulaire de la chaire d’économie et de gestion des services de santé au Cnam, publie un livre courageux sur les peurs de notre temps.
 
Il est satisfaisant, en ces temps où le savoir-vivre s’efface doucement et le savoir penser (hors de la pensée unique point de salut !) s‘impose à tous, où un animateur de télévision nous condamne tous à n’entendre que son propre discours au mépris des publications scientifiques et des statistiques, qu’un homme de la trempe de Jean de Kervasdoué fasse entendre une voix différente et souligne les erreurs et les contradictions de la pensée unique, nouveau credo de la France.
Jean de Kervasdoué s’en prend donc aux discours sur la santé et sur l’environnement et essaie avec succès de remettre les pendules à l’heure et parfois sans ménagements, rétablissant les vrais priorités. « Pour 1 à 3 milliards d’hommes aujourd’hui, les questions d’environnement  n’évoquent pas le comptage des papillons un après-midi d’été ou la vie des ours dans les Pyrénées mais concernent la diarrhée des enfants empoisonnés par l’eau du puits ou de la rivière, les repas des semaines à venir alors que les greniers sont vides, les maladies de la mère qui a du mal à respirer ou celle du frère qui meurt du sida ».
Concernant la santé publique, l’auteur regrette que l’on passe sous silence ou presque, le nombre quotidien d’accidents de la route, le taux de suicide ou le nombre de morts du sida en Afrique. Il trouve dérisoire le discours sur les bébés phoques alors qu’on parle assez peu des Italiens dont, la sous natalité aidant, 40 % auront disparu d’ici à 2050.
Jean de Kervasdoué s’en prend ensuite au principe de précaution et déplore que l’on ait cru bon de l’inclure dans la Constitution de notre pays. Passant en revue quelques phénomènes écologiques et de santé publique de ces dernières années (épidémie du sida, affaire de la vache folle, canicule de l’été 2003, affaire de la légionellose de l’hôpital européen Georges Pompidou ou encore chikungunya), il démontre facilement que l’application de ce principe à l’époque où se sont produits ces événements n’aurait pu éviter aucun des décès dont ils ont été responsables. Pour le problème de la canicule de 2003, il démontre que les Français se sentant coupables d’avoir laissé seul un ami, un parent, un voisin ont vite trouvé, avec l’aide des médias, un bouc émissaire : le ministre de la santé de l’époque, Jean-François Mattei, sans prendre la dimension des morts de chaque hiver bien plus importante, hélas !
En étudiant l’exemple de la catastrophe de Tchernobyl, on peut examiner la quintessence de la désinformation et de l’imagination délirante. Régulièrement les émissions de la télévision française sur ce sujet font état d’un nombre de morts délirants (60 000) et d’images montrant régulièrement des enfants trisomiques, alors qu’aucune naissance d’individus atteints de cette affection n’a eu lieu dans les zones proches de la catastrophe non plus du reste que d’autres malformations congénitales. Notons que d’après des études réalisées par l’OMS et les Académies des Sciences des Etats Unis, de France et de Suisse, le nombre de morts -de 4 000 à 16 000- réellement provoqués par cette catastrophe le sera dans 50 ans!
Le problème est encore plus crucial pour les plantes transgéniques dont personne n’a encore pu démontrer la nocivité, alors qu’elles sont largement cultivées aux Etats-Unis et dans de nombreux autres pays. Cette attitude particulièrement virulente en France contre les O.G.M., portée par une vague médiatique est d’autant plus déplorable que cette dernière occulte tous les avantages déjà connus de ces plantes : une véritable Inquisition s’abat ainsi sur notre pays, avec parfois la complicité des juges, dont la formation juridique parfaite ne leur confère aucune autorité en matière scientifique. « En attendant, la seule réalité qui compte est la réalité médiatique, c’est aussi donc la seule considérée ».
Espérons que cet excellent ouvrage favorisera la percée d’une information libre étayée sur la seule réalité scientifique et non plus sur des peurs moyenâgeuses.
 
                                                                                    Roger MUS
 
 
Les prêcheurs de l’apocalypse, pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires, Jean de Kervasdoué – Plon
 


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