|
 |
 |
Obésité : un problème qui se pose dès l’enfance
En France, l'obésité est un problème de santé publique, même s’il est modéré en comparaison d'autres pays comme les Etats-Unis où 20 % des hommes et 25 % des femmes sont obèses. Selon différentes enquêtes françaises, l’obésité atteint 6 à 7 % des hommes et 8 à 9 % des femmes à l'âge adulte et elle est particulièrement élevée dans les régions du Nord et de l'Est. Chez l'enfant, l'obésité est également en augmentation. Elle se constitue lors d'une période où le bilan énergétique est positif, c'est-à-dire que les apports caloriques sont excessifs par rapport aux dépenses énergétiques.
|
Pourquoi ObEpi ? |
Une enquête (ObEpi 2003) sur l’obésité et le surpoids, en France, vient confirmer ce que l’on redoutait depuis les premières études réalisées en 1997 et 2000 : une progression alarmante de ce fléau. Il est urgent d’agir pour éviter qu’en 2020 la population française compte 20 % d’obèses. ObEpi offre une photographie de la situation concernant l'obésité et le surpoids en France. C'est une étude de référence permettant d’évaluer tous les 3 ans la progression de l'obésité et du surpoids et de mesurer la gravité de la situation française. La France compte aujourd'hui plus de 5,3 millions de personnes adultes obèses et 14,4 millions de personnes en surpoids. L’obésité augmente d’environ 5 % par an et la proportion des personnes en surpoids ou obèses a progressé en 6 ans de 36,7 % à 41,6 %. De plus, on s’aperçoit que l’obésité massive a doublé en 6 ans, progressant de 0,3 % à 0,6 %. C'est à partir de 35 ans que la progression de la prévalence de l'obésité devient un problème inquiétant : entre 2000 et 2003 la prévalence de l'obésité est passée de 8,4 à 11,6 % dans la tranche d'age 35-44 ans (soit une augmentation de 38 % en 3 ans et de 51 % en 6 ans). Les 65 ans et plus, hommes et femmes sont également concernés par cette augmentation du surpoids et de l’obésité. Le nombre d'enfants obèses a plus que doublé depuis les années 80 (on estime entre 10 et 12 % sa prévalence chez l'enfant de 6 à 12 ans). Lorsque l’obésité apparaît avant la puberté, le risque de persistance à l'âge adulte est de 20 à 50 %. Ce risque s'élève à 50 %, voire 70 %, pour une survenue de l'obésité après la puberté.
|
Comment définit-on l'obésité ? |
D'un point de vue médical, l'obésité est un "excès de masse grasse entraînant des inconvénients pour la santé". La mesure du tour de taille permet d'identifier un excès de graisse au niveau du ventre. Lorsque le tour de taille est supérieur à 90 cm chez la femme (en dehors de la grossesse) ou 100 cm chez l'homme, on considère qu'il y une obésité abdominale. La mesure de l’IMC (Indice de Masse Corporelle) par le rapport du poids (en kg) sur la taille au carré (en m2) permet d’évaluer la corpulence selon 5 groupes :
Maigreur : en dessous de 19 Normal de 19 à 24,9 Surpoids de 25 à 29,9 Obésité : à partir de 30 Obésité morbide : au delà de 35
Pour les enfants, il faut se reporter aux courbes d’IMC selon l’âge, maintenant présentes dans les carnets de santé. L’indice de corpulence augmente normalement pendant la première année de vie puis diminue spontanément jusqu'à l'âge de 6 ans avant d'augmenter à nouveau : c'est ce qu'on appelle le rebond d'adiposité. S'il est trop précoce c'est un facteur de risque d'obésité ultérieure.
|
Quelles sont les conséquences de l’obésité ? |
L'obésité abdominale est associée à un risque accru de diabète, d’hypertension, d’hypertriglycéridémie, et de maladies vasculaires. Ces complications métaboliques induisent un excès de mortalité à l'âge adulte, surtout d'origine cardiovasculaire. Chez les adolescentes obèses, des troubles endocriniens (puberté précoce, aménorrhée) sont fréquemment observés. Chez l’enfant, le risque principal à court terme, est la mise à l'écart par ses camarades et les moqueries, sources de perte d'estime de soi. L'enfant se replie sur lui-même et ne participe plus aux activités collectives (notamment sportives). Pour les enfants très obèses, il y a le risque du syndrome d'apnées du sommeil qui peut donner des troubles de la scolarité (mauvais sommeil et somnolence dans la journée qui peuvent empêcher la mémorisation et l'attention).
|
|  | Plusieurs responsables Les causes du déséquilibre énergétique initial lié à l'obésité sont plus ou moins bien connues : • Des apports alimentaires trop riches en sucres et en lipides, des rythmes alimentaires déstructurés avec grignotage hors repas et des troubles du comportement alimentaire. • La sédentarité et une activité physique faible. Il existe une relation entre l'apparition de l'obésité et le temps passé devant la télévision. • Les facteurs génétiques semblent déterminants. On a montré qu'il existe une prédisposition génétique à prendre du poids plus facilement dans certaines familles. De nombreuses recherches sont menées pour essayer de trouver les gènes responsables. • Les facteurs psychologiques : tendance dépressive, troubles du comportement alimentaire.
Dans une étude française, aucune relation statistique n'a été trouvée entre le surpoids ou l'obésité et la fréquentation de la cantine, que l'élève y mange tous les jours, de temps en temps ou jamais. Il faut bien admettre que les repas pris à la cantine ne correspondent qu'à une faible proportion de repas (maximum 5 repas sur 14 repas par semaine, si on ne compte que les déjeuners et les dîners). Donc, avant d'accuser la cantine, il faut bien observer ce qui se passe à la maison et à table, et en dehors des repas. L’AFSA (Agence Française de Sécurité Alimentaire) recommande l’éviction du goûter de 10 h dans les écoles.
|
Comment remédier au problème du surpoids ? |
Les enfants obèses ont tendance à ne pas prendre de petit-déjeuner, à peu manger à la cantine et se rattrapent au goûter et au dîner. Il est possible alors que les repas de midi soient trop légers ou sautés … Les repas sautés semblent êtres un facteur prédisposant au surpoids en entraînant des “ rattrapages ” en fin de journée. L'enfant grignote souvent "en cachette" si le repas n'a pas été suffisant ou si la restriction est trop importante. Il vit ces "grignotages" avec une très grande culpabilité et il faut vite la dépister car elle peut renforcer une mauvaise estime de soi. L'ennui est le motif le plus avoué des grignotages, or, l'ennui témoigne de la difficulté d'être seul. Si personne n'est là pour accueillir l'enfant lorsqu'il rentre de l'école, "le blues de fin d'après-midi" est très souvent retrouvé chez ces enfants.
|
Quelques recommandations pour éviter le pire : |
- Faire 4 repas par jour (dont le goûter), si possible en famille - Manger doucement, en mastiquant bien - Ne pas manger devant la télévision - Boire de l'eau à table
- En cuisine, en pratique Cuisiner sans matières grasses Attention à la crème fraîche et à la mayonnaise Éviter les plats en sauce ou les plats cuisinés du commerce Limiter au maximum la consommation de charcuteries, de viennoiseries, de friture, de lait et de laitages entiers, de cacahuètes Limiter les fromages Commencer systématiquement le repas par les légumes Terminer le plus souvent le repas par un fruit Éviter les grignotages Limiter les boissons sucrées - Pour la lutte contre la sédentarité : Limiter à 2 ou 3 h par jour la télévision ou les jeux vidéo Plusieurs fois par semaine marcher plus d’une heure Faire du roller ou de la trottinette ou de la natation au moins 1 fois par semaine Pratiquer au moins un sport régulièrement Jouer dehors si possible Se promener en famille le week-end
|
|
|
|
 |