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Ménopause et THS


Le traitement hormonal de la ménopause est de nouveau d’actualité. L’Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (Afssaps) a publié en 2003 et réactualisé en 2004, des recommandations aux médecins. L’Afssaps devrait prochainement évaluer à nouveau la balance bénéfices/risques des THS.


La ménopause apparaît chez la femme lorsque les taux d’œstrogènes s’abaissent et que peu à peu le nombre d’ovules diminue pour disparaître in fine.
Cette modification de la physiologie féminine n’est évidemment pas une maladie cependant elle peut souvent produire des conséquences pour le moins désagréables : bouffées vasomotrices (bouffées de chaleur), troubles de l’humeur et du sommeil, sécheresses des muqueuses vaginales, etc. mais aussi psychologiques ; la peur de vieillir et de grossir, « enfer » de notre époque. L’âge moyen de l’établissement de la ménopause  (absence de règles pendant 1 an) est de 51 ans. S’il n’a pratiquement pas changé depuis l’antiquité, l’espérance de vie des femmes en Occident a elle considérablement augmenté. C’est donc pendant près de 30 ans que les femmes vont ressentir les effets de ces modifications physiologiques.
Cependant  au-delà de ces troubles liés à la ménopause (troubles dits « climatériques »), d’autres conséquences de cette modification de l’horloge biologique peuvent être plus graves : ostéoporose, atrophie génitale, troubles cardiovasculaires, etc.
Pour faire face à tous ces inconvénients mais aussi pour réactiver l’espoir d’un ralentissement du vieillissement, les thérapeutes mirent au point des traitements hormonaux substitutifs (THS), la plupart du temps un œstrogène associé à de la progestérone. Ces traitements ont dès le début suscité un grand enthousiasme et été considérés comme miraculeux. Puis à l’usage, les études  des risques et des effets secondaires ont tempéré cet engouement.
En 2002 l’étude  Women Healt Initiative (WHI), menée auprès de 160 000 femmes américaines, a été brusquement stoppée devant les conclusions provisoires établies par ses initiateurs ( risques d’augmentation du cancer du sein, accidents thromboemboliques veineux, accidents artériels, etc.), avec pour conséquence l’affolement des femmes et le doute des médecins.
Un an plus tard l’étude anglaise Million Women Study (MWS) arrivait à des conclusions à peu près similaires.
Depuis  une analyse par tranche d’âge de l’étude WHI a pondéré les premiers résultats dans un sens positif. Deux études de l’Institut national de la santé et recherche médicale (INSERM), ont, elles, apporté un éclairage sur les différences de risques selon la nature et le mode d’administration des THS : le traitement associant œstrogène par voie cutanée et progestérone naturelle engendrant moins de problèmes et de risques que ceux à base d’œstrogènes et de progestatifs de synthèse.
Enfin une nouvelle étude américaine publiée au début de 2006, plus approfondie, a démontré que le risque d’accidents cardio-vasculaires serait diminué par le THS, chez les femmes ayant commencé leur traitement entre 50 et 60 ans.
La multiplication de ces études augmente, par leurs résultats souvent contradictoires le doute et l’embarras des femmes et des médecins.
Pour tranquilliser les unes et les autres, l’Afssaps devrait donc évaluer à nouveau les bénéfices/risques des THS. Ses recommandations, au nombre de 14, incitent les médecins et plus particulièrement les gynécologues à avoir, préalablement à l’initiation de tout traitement, un entretien d’orientation des patientes, permettant de déterminer leurs craintes face à l’installation de la ménopause, leurs attentes mais aussi les risques encourus, notamment par rapport à leur mode de vie antérieur et leur état de santé présent.
Puis, après s’être assuré que la patiente a bien compris la totalité du problème, le médecin lui fixera un second rendez-vous, afin qu’un traitement puisse être mis en place (le dialogue médecin/patiente pourra être consolidé par un document écrit remis par le médecin à la patiente) : « la pertinence du premier test thérapeutique devra obligatoirement être évaluée au terme de 6 mois » (Docteur Sabine TAYLOR, gynécologue, médecin des Hôpitaux). Ainsi un climat de confiance pourra s’installer et un contrôle continu de la balance bénéfices/risques du traitement évitera bien des drames.
 
                                                                                   Henri RAMUZ



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