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Les maladies osseuses


 Un enjeu pour la santé publique

L'Office Mondial de la Santé (QMS) a classé l'ostéoporose au second rang mondial des problèmes de santé publique juste derrière les maladies
cardiovasculaires.
250 millions de personnes en souffrent dans le monde, chiffre qui devrait doubler au cours des prochaines années.

Cependant cette pathologie «silencieuse» qui donne peu de signes précurseurs n'est actuellement pas toujours diagnostiquée et pas suffisamment traitée.
Il faut savoir que chez la femme âgée de 50 ans, le risque de survenue d'une fracture du col du fémur est de 17, le risque global d'une fracture due à
l'ostéoporose étant, pour le temps qui lui reste à vivre de 40. L'incidence des fractures chez l'homme, à âge égal, est moitié moindre que chez la femme.
Ces fractures touchent surtout les vertèbres, le col du fémur et le poignet.

Cependant ce sont les fractures fémorales qui sont les plus graves et qui entraînent une surmortalité : en effet 20 à 25 % des sujets décèdent dans l'année suivant la fracture.Ces accidents osseux sont dus à une diminution rapide de la masse osseuse.
En effet, celle-ci qui atteint son maximum vers 1 8 ans, se maintient chez la femme jusqu'à environ 45 ans et commence à diminuer quelques années avant la ménopause.

Après l'installation de la ménopause, la perte osseuse s'accélère on estime celle-ci à 40 % chez la femme entre 45 et 80 ans et à 25 % chezl'homme. Cette perte osseuse occasionnée par une diminution, liée à l'âge, de l'ostéoformation est aggravée chez la femme par un remodelage osseux
dû à une carence en oestrogène, entraînant une augmentation importante de la fragilité osseuse.

En dehors de la ménopause un certain nombre de facteurs de risque sont susceptibles de faire craindre une aggravation de cette fragilité osseuse (tabagisme, régime alimentaire pauvre en
calcium, abus d'alcool, alitement prolongé, maigreur, antécédents de corticothérapie prolongée, etc.. ).
Malheureusement les signes avant-coureur de l'ostéoporose sont rares : douleur aiguë sans cause
apparente dans le dos. Par ailleurs au cours d'une chute ou d'un accident même bénin, l'apparition d'une douleur aiguë dans le dos, les côtes, la hanche ou un poignet peuvent être le signe d'une fracture.

De même la diminution de la taille, signe d'un tassement vertébral, une courbure de la colonne thoracique ou lombaire vers l'avant doivent fairesoupçonner une ostéoporose.

En dehors de la radiographie, surtout utile en cas de fracture, un certain nombre d'examens biologiques et de tests spécifiques permettent de préciser
l'installation de la maladie.
L'ostéodensitométrie ou densitométrie osseuse est l'un des tests pratiqué pour faire le diagnostic de l'ostéoporose. La densitométrie ultrasonique donne
également de bons résultats. On peut enfin utiliser différents types de marqueurs du  remodelage osseux (marqueurs de remodelage ossseux et marqueurs de résorption).

Une fois le diagnostic établi, se pose le problème du traitement : celui-ci consiste essentiellement à ralentir la déperdition osseuse, voire à reconstituer le tissu ossseux.



 Homonothérapie de substitution chez la femme

L'hormonothérapie de substitution vise à ralentir la
déperdition de la masse osseuse : il s'agit d'hormone œstrogène associée ou non à de la progestérone. Cette hormonothérapie a de plus l'avantage
d'améliorer les symptômes de la ménopause. Cependant cette thérapeutique n'est pas exempte d'inconvénients et doit être soumise à un strict
contrôle médical.
Les biphosphonates sont utilisés chez les femmes atteintes d'ostéoporose qui ne peuvent pas ou ne veulent pas suivre une hormonothérapie. Ces médicaments non-hormonaux agissent directement sur le remodelage du tissus osseux, réduisantainsi la perte de masse osseuse et le
risque de fractures.
La calcitonine, hormone naturelle humaine a un effet direct sur les taux de calcium sanguin ; en plus de son action sur la masse osseuse, en réduisant la perte de tissu osseux, elle a également une action
analgésique importante dans les douleurs provoquées par les tassements osseux ou les fractures récentes. On administre le plus souvent de la calcitonine de saumon synthétique, plus concentrée que la calcitonine humaine.
D'autres substances ont été utilisées avec plus ou moins de succès.



 Les nouvelles molécules

Très prochainement de nouvelles molécules seront mises sur le marché qui ne se contenteront pas de ralentir la perte osseuse, mais restaureront
chez le malade le capital osseux, préservant ainsi leur confort et leur sécurité.
Cependant pour accompagner utilement ces traitements, comme dans toute maladie, curativement mais aussi préventivement, le respect d'un régime alimentaire équilibré et le fait de manger des aliments riches en calcium sont impératifs.



 Calcium et vitamine D

Parmi les aliments dont la teneur en calcium est particulièrement élevée il faut citer :

Le lait, le yoghourt, le fromage, le saumon, les sardines, les amandes, le brocoli, etc.
Il faut savoir que deux verres de lait fournissent 400 mg de calcium.

Pour aider à la fixation du calcium dans les os, la vitamine D est également nécessaire ; l'apport
recommandé est de 400 U.l. par jour.
 
L'exposition modérée au soleil mais aussi, le lait et les multivitamines sont d'excellentes sources de vitamine D. Des suppléments de calcium peuvent également être pris d'une façon régulière avec l'accord du médecin.




 Conclusion

L'ostéoporose n'est donc pas une fatalité : une hygiène de vie mise en route très tôt, un régime alimentaire équilibré et riche en calcium, une consommation modérée de tabac, d'alcool et de café, un diagnostic précoce et un traitement commencé rapidement peuvent rendre supportable cet inconvénient dû au vieillissement : l'objectif étant de vieillir sans fracture.

Henri Ramuz



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