Le plus souvent, le patient a identifié dès le début de sa maladie le ou les facteurs déclenchant les crises.
Cependant, la tenue d'un Agenda de la migraine peut permettre d'identifier de nouveaux facteurs et ainsi de lutter contre ces derniers.
L'absence de facteur déclenchant est possible et souvent vécue comme un handicap supplémentaire par le patient du fait de l'imprévisibilité de la crise.
Les autres causes de céphalées Tous les maux de tête et toutes les céphalées ne sont pas des migraines !
Les causes de céphalées sont nombreuses et tout mal de tête n'est pas forcément une migraine. La plupart des maux de tête sont bénins. Nous n'en décrirons brièvement que quelques-uns. La céphalée banale Qui n'a pas eu un jour mal à la tête ? C'est un mal de tête plutôt sourd et diffus, survenant volontiers après un repas copieux ou trop alcoolisé, après une contrariété ou un mauvais sommeil. Il disparaît en quelques heures après l'administration d'aspirine ou de paracétamol.
La céphalée chronique quotidienne C'est une douleur quotidienne, évoluant depuis plusieurs années. La douleur, diffuse, est à type de lourdeur ou d'étau. Elle n'est pas exacerbée par l'effort physique et ne s'accompagne pas de vomissements. Une des causes non rare de céphalée chronique quotidienne est l'intoxication progressive par des médicaments antalgiques, qu'il s'agisse d'aspirine, de paracétamol ou d'autres produits.
La céphalée de tension épisodique Ce type de céphalée s'apparente à la céphalée chronique quotidienne, mais elle est moins quotidienne. Elle n'a pas le caractère pulsatile de la migraine, n'est pas aggravée par l'effort physique et n'est pas accompagnée de vomissements. Elle est avant tout liée aux stress de la vie quotidienne.
L'algie vasculaire de la face Ce type de céphalée aiguë est beaucoup plus fréquent chez l'homme que chez la femme. La douleur est toujours décrite comme atroce, comme une sorte de broiement, toujours unilatérale (sans alternance) et siégeant dans la région orbitaire ou de la tempe. Elle est moins pulsatile que ne l'est la migraine et évolue par périodes douloureuses d'une durée de 2 à 6 semaines au cours desquelles la céphalée survient brutalement, 1 à 2 fois par jour. Elle dure entre une vingtaine de minutes et 2 ou 3 heures puis disparaît lentement. Très fréquemment sont constatés au cours de l'accès une rougeur de l'œil, un larmoiement, un écoulement nasal.
La névralgie du nerf trijumeau Le nerf trijumeau est celui qui transmet la sensibilité de la face. La névralgie du trijumeau provoque des douleurs unilatérales très brèves, en salves, comme des éclairs ou des décharges électriques. Les accès de décharges durent une à deux minutes et se répètent cinq à dix fois par jour (parfois plus dans les formes les plus graves). La douleur est très intense et lors des accès, le malade se fige, la moitié de la face atteinte est crispée : c'est le tic douloureux. Il existe chez les personnes souffrant de névralgie du trijumeau une zone de la face ou de la bouche dont le simple effleurement peut déclencher la douleur : c'est la classique zone gâchette.
La céphalée de l'hypertension artérielle Au cours des poussées graves d'hypertension artérielle, il est possible d'observer une céphalée violente, diffuse, d'aggravation progressive et prédominante la nuit ou au petit matin.
Evolution de la migraine
La migraine est une maladie dont l'évolution est capricieuse et fluctuante au fil de la vie et les différents cas de figure sont nombreux :
Certains malades ont des crises peu fréquentes, une dizaine ou une vingtaine par an. C'est souvent le cas des migraines avec aura.
Chez certains patients, les crises sont concentrées sur une période limitée de l'année.
Chez d'autres patients, la maladie évolue par vagues de crises, rapprochées pendant quelque temps, entrecoupées d'accalmies plus ou moins longues. Une nouvelle vague de migraine survient volontiers à l'occasion d'un choc affectif, ou à l'approche de la ménopause.
Au contraire, chez certains malades, les crises s'estompent progressivement, bien souvent au décours d'une longue période de traitement, ou lors de la ménopause, en particulier lorsque les crises étaient liées aux règles.
Il en est de même pour l'intensité et la durée des crises : toujours fortes pour les uns, de force variable pour d'autres.
La migraine en 5 points clés : Le diagnostic est essentiellement clinique et repose sur un interrogatoire par le médecin.
La migraine est une céphalée unilatérale, pulsatile, d'intensité modérée à sévère, aggravée par l'effort physique, accompagnée de nausées ou vomissements, d'une intolérance au bruit ou à la lumière, survenant par crises entre lesquelles aucune douleur n'est présente.
Il existe des crises de migraine avec et sans aura. L'aura est un phénomène le plus souvent visuel qui précède la douleur.
Les examens neuroradiologiques (scanner et IRM) n'ont pas d'intérêt pratique pour le diagnostic de migraine. Ils peuvent cependant être nécessaires en cas de 1ère crise (afin d'éliminer une autre cause de céphalée aiguë brutale), en cas de modification des caractéristiques de la migraine (afin d'éliminer une autre cause de céphalée) ou en présence d'une forme rare
Le profil évolutif d'une maladie migraineuse est infiniment variable d'un patient à l'autre d'une part, et chez un même patient d'autre part