Le cancer de la prostate est très fréquent. En fait, c'est le cancer le plus fréquent chez l'homme. Un accroissement considérable de l'incidence (fréquence des nouveaux cas dans la population) du cancer de la prostate a été constaté au cours des dernières années. Aux Etats Unis, l'augmentation a été de 80 % dans les cinq dernières années. C'est la première cause de mortalité par cancer chez l'homme. L'augmentation de 23 % de la mortalité liée au cancer prostatique, dans les vingt dernières années, reflète aussi l'augmentation de l'espérance de vie et la reconnaissance plus fréquente du cancer de la prostate comme cause principale du décès.
La plupart des cancers de la prostate se développent chez des hommes âgés et évoluent très lentement. Cependant, certains cancers de la prostate peuvent se développer rapidement et s'étendre à d'autres organes (métastases), causant des symptômes et entraînant parfois le décès. Le traitement peut améliorer la survie et prévenir ou soulager les symptômes liés à la maladie.
On sait que 30 % des hommes âgés de 60 ans ont des foyers microscopiques de cancer dans la prostate, mais ces petits foyers ne sont pas forcément évolutifs. Le cancer de la prostate est fréquent chez les Européens et les Américains et beaucoup moins chez les Asiatiques tels les Japonais et les Chinois. En effet, chez les Asiatiques, c'est leurs habitudes alimentaires (consommation importante de soja…) qui réduit très fortement le risque de développer un cancer de la prostate. Par contre dès que ceux-ci sont placés dans un contexte alimentaire du type « occidentale » le risque de développer pareil cancer devient rapidement équivalent à celui des Américains et Européens. Ces dernières années, le risque de cancer de la prostate a fortement augmenté au Japon suite à l'introduction d'habitudes alimentaires occidentales.
Détection précoce
La détection précoce et le traitement du cancer de la prostate continuent à poser de multiples questions. Les cancers découverts par le toucher rectal et/ou le dosage du PSA sont en général plus limités que ceux découverts à l'occasion de symptômes.
L'accroissement considérable de l'incidence clinique du cancer de la prostate parait être surtout la conséquence d'une amélioration de la détection des petits cancers débutants, due à l'augmentation du nombre des dosages de l'antigène prostatique spécifique (PSA), et des biopsies prostatiques.
On recommande de commencer la détection du cancer de la prostate, à partir de 50 ans, chez tous les hommes ayant plus de 10 ans d'espérance de vie, et à partir de 45 ans chez les hommes ayant un facteur de risque particulier (frère ou père ayant eu un cancer de la prostate en particulier). La détection repose sur le toucher rectal et le dosage de l'antigène spécifique prostatique (PSA), les mêmes examens étant répétés chaque année.
Interrogatoire
L'interrogatoire du patient permet de renseigner le médecin sur l'existence de symptômes urinaires (diminution de la force du jet, envies fréquentes d'uriner) ou autres, sur les autres maladies éventuelles (hypertension, diabète…), sur les facteurs de risque (familiaux…) et sur les traitements en cours.
Toucher rectal
Comme la prostate est située juste en avant du rectum, elle peut être palpée par un doigt introduit dans l'anus (toucher rectal) et le médecin peut donc apprécier le volume de la prostate, la régularité des contours et la consistance de la glande.
La plupart des cancers se développent dans la zone périphérique postérieure de la prostate et peuvent donc être accessibles au toucher rectal. La prostate normale est souple. En cas de cancer, le toucher rectal peut montrer une induration, localisée ou étendue, respectant ou pas les contours de la prostate.
PSA (Antigene prostatique spécifique)
L'antigène spécifique prostatique (PSA) est un marqueur tumoral utilisé pour la détection du cancer de la prostate. Le PSA est spécifique de la prostate et non pas du cancer. Plus le taux de PSA est élevé, plus le risque de cancer de la prostate est grand.
Enfin, le taux de PSA est très utilisé pour suivre l'efficacité des traitements. L'augmentation du taux de PSA après traitement (chirurgie, radiothérapie ou traitement hormonal) est habituellement le signe d'une récidive ou d'une inefficacité du traitement.
Echographie endorectale de la prostate et biopsies.
L'échographie utilise des ultrasons pour produire une image de la prostate. Les ultrasons sont produits par une sonde qui est introduite par l'anus et l'on peut ainsi guider très précisément une aiguille pour faire des prélèvements à un endroit déterminé de la prostate.
Les biopsies ont donc une importance primordiale pour déterminer le pronostic de la maladie.
Les différents traitements du cancer de la prostate.
Prostatectomie totale.
Le taux d'impuissance est de 60-90 % à 1 an après l'intervention, et pourrait être réduit à 30-40 % chez les sujets jeunes ayant une lésion très localisée. Le taux d'incontinence complète post-opératoire est inférieur à 5-10 %. La mortalité de la prostatectomie totale est inférieure à 1%.
La résection trans-urétrale de prostate.
Cette intervention est habituellement faite en cas d'adénome bénin de la prostate. En cas de cancer, elle représente alors un traitement palliatif des troubles urinaires liés à l'obstruction par évolution locale de la maladie.
La radiothérapie.
La radiothérapie utilise des rayons à haute énergie et des particules (électrons, protons) pour détruire les cellules cancéreuses. La radiothérapie est utilisée pour traiter les cancers qui sont localisés à la prostate, ou qui ont atteint les tissus voisins. . Traitement hormonal.
Le traitement hormonal est utilisé chez les patients dont le cancer s'étend au-delà des limites de la prostate, ou à récidivé après un traitement initial
Chimiothérapie.
La chimiothérapie est utilisée dans le cancer de la prostate quand celui-ci a évolué avec une extension extra-prostatique et qu'il ne répond plus au traitement hormonal. La chimiothérapie diminue la croissance tumorale et peut diminuer les douleurs liées au cancer.
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