Parmi les différentes formes d’alopécie ou calvitie, celle dite "androgénétique", d’origine hormonale et héréditaire, est de loin la plus répandue, aussi bien chez l’homme que chez la femme. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une hypersensibilité héréditaire des follicules pileux vis-à-vis des androgènes, les hormones sexuelles mâles.
Chez l’homme, ce type de calvitie se manifeste souvent déjà autour des 20 ans, avec l’apparition des tempes dégarnies. Chez la femme, en revanche, elle ne débute que très rarement avant la quarantaine, sous forme d’une raréfaction progressive des cheveux au sommet du crâne, dans la région de la raie.
Dès lors, ce processus évolue le plus souvent par poussées: des phases de chute des cheveux liées à des influences saisonnières ou comportementales (stress, alimentation déséquilibrée, etc.) alternent avec des phases associées à des variations hormonales.
Traitement
La thérapie de l’alopécie androgénétique chez l’homme repose sur deux approches différentes qui peuvent se compléter:
Le traitement externe à base de minoxidil.
Le traitement interne à base de finastéride.
Le minoxidil est la seule substance antichute à usage topique (local) qui a été enregistrée à l’OICM en tant que médicament et dont l’efficacité a été démontrée scientifiquement par des études à large échelle. A l’origine, le minoxidil avait été destiné au traitement de l’hypertension artérielle par voie orale. Une augmentation de la pilosité sur tout le corps avait alors été signalée comme effet collatéral. C’est sur la base de cette constatation que ce médicament a été introduit avec succès pour le traitement local de l’alopécie androgénétique.
Le minoxidil est disponible dans les pharmacies en solution à 2%, délivrée depuis peu sans ordonnance, et à 5%, soumise à la prescription médicale.
Les préparations à base de minoxidil doivent être appliquées deux fois par jour et de façon continue, car cette substance n’agit qu’aussi longtemps qu’elle est utilisée. Dans la meilleure des hypothèses, on peut constater une stabilisation de la chute des cheveux au bout de trois mois et une repousse après quatre à huit mois. En revanche, si le traitement est interrompu, les cheveux qui viennent de repousser tomberont au bout de trois ou quatre mois.
En ce qui concerne d’autres traitements locaux de l’alopécie androgénétique utilisés en dermocosmétique, il faut citer l’aminexil, un dérivé du minoxidil.
Des études incluant un nombre limité de volontaires du sexe masculin ont démontré qu’après trois mois d’emploi quotidien la quantité des cheveux en phase de croissance augmentait de 8%.
On ne dispose actuellement d’aucune étude comparable concernant la femme.
Les nouveaux traitements
Bien plus récente sur le marché, la finastéride agit par voie orale en inhibant de façon spécifique une enzyme présente dans les follicules pileux, la 5 (-réductase de type II. L’inhibition de cette enzyme bloque la transformation de la testostérone en DHT, une autre hormone masculine qui produit le rapetissement puis la mort des follicules pileux.
A raison de 1 mg par jour, la finastéride est indiquée chez les hommes souffrant de calvitie androgénétique légère à moyenne. Trois mois de traitement sont en général nécessaires pour constater une diminution de la chute, voire une amélioration de la croissance des cheveux. Pour un résultat optimal, une thérapie continue est recommandée.
A ce jour, on ne connaît aucune contre-indication ni aucune interaction de la finastéride avec d’autres médicaments et les seuls effets secondaires qui lui ont été imputés, par ailleurs très rares et réversibles, sont la baisse de la libido et des troubles de l’érection.
A noter que: Au contraire du minoxidil, la finastéride n’est pas indiquée pour les femmes. Nous disposons à l’heure actuelle de données cliniques relatives à l’emploi continu de la finastéride sur un laps de temps maximal de cinq ans.
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