L'augmentation de la fréquence des troubles des conduites alimentaires amène naturellement à se poser des questions sur la pertinence des nouvelles normes du "beau". Y a-fil un lien entre la récurrence des mises au "régime" et le risque de déviance du comportement alimentaire .
La cacophonie diététique a probablement contribué à troubler les esprits sur ce qu'il est bon de manger. Dans les années 70, l'ennemi public numéro un : c'était le sucre. À la fin, des années 80, la cible privilégiée devient le gras, ainsi la saccharophobie fait place à la lipophobie. Et comme les idées perdurent, aujourd'hui pour maigrir, il faut tout éviter, le pain, les féculents, tout comme le sucre et le gras. La vague des régimes hyperprotéinés dans lesquels les protéines sont souveraines enfonce le clou de ces mises à l'index.
Entre la diète protéinée et le régime méditerranéen longue vie, quel juste milieu trouver ? Le sain équilibre alimentaire a son berceau en Crète, là où l’ 'espérance de vie est la plus longue. Faut-il boire de l'huile d'olive et consommer des pois chiches à tout va, pour vivre sain et vieux. Ou bien rester mince, jeune et beau sans manger ? Pour certains c'est l'alternance.
La boulimie
Etymologiquement boulimie signifie faim de bœuf. C'est une maladie plutôt féminine qui dans 85 % des cas débute après un régime trop restrictif frustration importante une grande fréquence, les boulimiques sont aussi dépressives ou ont une faible estime de soi.
La crise de boulimie se caractérise par la consommation rapide, compulsionnelle d’une grande quantité d'aliments dans un temps court, inférieur à 2 heures, sans réelle sensation de faim et sans possibilité de s’arrêter avec une sensation de perdre le contrôle de la prise de nourriture. La personne tente de résister en organisant sa prise alimentaire. Les aliments ingérés sont ' tout ce qui tombe sous la main (même de la farine ou du beurre). Les crises surviennent toujours hors de portée de vue, en situation solitaire car elles sont immanquablement rattachées à un sentiment de culpabilité souvent suivies de recours pour éviter la prise de poids : vomissements et usage de laxatifs. Une crise peut apporter 3000 kcal (alors que les besoins caloriques quotidiens sont de 2000 kcal jour). Les vomissements fréquents s'accompagnent de lésion dans la bouche (déchaussement des dents) et dans l'œsophage du passage fréquent du liquide gastrique acide les vomissements peuvent aussi entraîner des carences en minéraux et oligo-éléments éliminés avec le liquide gastrique (potassium et sodium), pouvant être responsable de crampes et de troubles du rythme cardiaque.
L’hyperphagie incontrôlée
Cela ressemble de très près à la boulimie, à a différence que la crise s'arrête à l'apparition de sensations de réplétion gastriques inconfortables. L'augmentation de la prise alimentaire peut éventuellement alterner avec des périodes de restriction alimentaire.
Il est que les boulimiques puissent parler, se confier voire se protéger lorsqu'ils sont en crise soit auprès de leur médecin ou psychiatre, soit auprès de services d'aide comme SOS Amitié ( tél : 01.42.96.26.26 ) ou SOS Boulimie ( tél :01.45.45.65.94 ). Seule la psychothérapie peut amener progressivement les boulimiques à maîtriser les conduites alimentaires compulsives et à redonner confiance à ces personnes culpabilisées par leur comportement. Les anti-dépresseurs sont parfois utiles, un certain temps, mais jamais totalement suffisants. La prise en charge nutritionnelle repose au préalable sur une enquête nutritionnelle. Elle est suivie par des conseils de réduction alimentaire en fonction des habitudes individuelles et sans imposer de restrictions trop sévères. Ces supports relationnels en terme de contrôle alimentaire sont essentiels mais ils ne peuvent suffire à maîtriser seuls les conduites compulsives .
L'anorexie
L'anorexie mentale est une maladie grave qui touche environ 4 % des adolescents, principalement des jeunes filles avant 25 ans. Le diagnostic ne paraît pas difficile, et pourtant les parents des jeunes filles tardent souvent à consulter. Le tableau clinique est repérable par une perte de poids de plus de 25%, associée à une restriction alimentaire intense (tri des aliments, avec éviction des sucres et des graisses, éventuellement des vomissements), la disparition des règles, et un trouble de la perception du poids (une peur intense de devenir obèse). Le risque de dénutrition est tel qu'il met en jeu e pronostic vital, c'est pourquoi 'hospitalisation devient nécessaire lorsque le poids baisse au point d'amener l'indice de masse corporel en dessous de 14. Le risque cardiaque est alors majeur, hyperactives. La ré-alimentation par sonde est alors le seul moyen pour "récupérer" ces patientes, parfois en unité de réanimation. La maladie est chronique, et lorsque le poids revient dans une zone qui met hors jeu le pronostic vital, la prise en charge médicale est à la fois diététique et psychothérapeutique. Le plus souvent la conduite alimentaire déviante est tellement enracinée que l 'hospitalisation est nécessaire afin de réapprendre à aménager des repas et d'initier la psychothérapie.
Les autres troubles du comportement alimentaire
Ils sont nombreux et souvent beaucoup plus fréquents qu'on peut le croire. Par exemple, le grignotage nocturne qui consiste en un besoin impérieux de consommer une collation importante en peu de temps, ceci pour pouvoir se rendormir.
Les actes de "craving" (de l 'anglais: "désir irrésistible"). Le stress, 'anxiété sont calmés par la consommation frénétique d'aliments sucrés. Ces fringales s'apparentent à une toxicomanie, puisque le sucre augmente le taux de sérotonine cérébrale (neuromédiateur de la réassurance). On parle d'ailleurs de chocolatomanie qui touche plutôt des personnes qui ont tendance à intérioriser les conflits.
L'alimentation par grignotage, encore appelée "chaos alimentaire", où les repas normaux sont remplacés par une série de prises alimentaires de petites quantités mais souvent denses en calories. Ceci conduit souvent à l'excès pondéral, le grignotage est cause et/ou conséquence de la désocialisation et du repli sur soi.
Les troubles du comportement alimentaire conduisent généralement à des modifications du poids, mais également à des troubles du fonctionnement corps. Les restrictions entraînent une diminution des taux vitaminiques et minéraux, donc de la fatigue, une baisse de l'immunité et un risque d'anomalies foetales pour femme enceinte. Les carences d'apport peuvent entraîner une fonte musculaire, un risque cardiaque par perturbation du taux de potassium et de sodium dans le sang. Les hyperphagies conduisent aux risque métaboliques de l'obésité : diabète, hypercholestéroléimie Là est bien tout le problème parce que le remède est le contrôle alimentaire qui passe souvent par une " moralisation de l'alimentation, probablement ce qui fait le lit de ces troubles.
En effet, pour une alimentation idéale, l'individu doit remplir 5 impératifs, apparaissant comme autant de devoirs :
• Un devoir d'équilibre et de variété. Il faut manger de tout. C'est un devoir de santé envers soi-même. • Un devoir d'attention et d'effort pour résister à la tentation de la facilité. Il faut plutôt manger aliments de qualité, "vrais ou "complets", voire biologiques. • Un devoir de maîtrise qui consiste à éviter les comportements extrêmes, garder le contrôle vis à vis des aliments gras et sucrés, éviter le grignotages et les sauts de repas. • Un devoir de rationalité. Pour cela il faut apprendre à faire des choix alimentaires judicieux donc éclairés et construits. • Et maintenant, un nouveau devoir : se faire plaisir pour être dans la norme et éviter d’être considéré comme obsessionnel.
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