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Les animaux on-ils du sens ?
La catastrophe causée par le raz de marée de décembre 2004 qui a fait plusieurs centaines de milliers de victimes humaines, semble démontrer l’existence d’un sixième sens chez les animaux. Marie-Claude Bomsel dans un ouvrage justement intitulé « Leur sixième sens », a étudié ce phénomène. |
La catastrophe causée par le raz de marée de décembre 2004 qui a fait plusieurs centaines de milliers de victimes humaines a soulevé le problème de l’existence d’un sixième sens chez les animaux. En effet on a, après ce cataclysme, retrouvé peu d’animaux sauvages tués ou blessés : les éléphants, les oiseaux et les chauves-souris s’étant particulièrement distingués. Par contre les animaux domestiques ou domestiqués par l’élevage n’ont pas été épargnés dans cette survie. De là à établir une théorie selon laquelle les animaux sauvages, soumis à beaucoup d ‘aléas et à une lutte de chaque instant pour la survie, la reproduction et la nourriture, auraient conservé, à travers les âges certaines facultés de ressentir ce que les animaux « civilisés » par la domestication et l’homme lui-même auraient malheureusement perdu dans leur progression vers la sociabilité. C’est cette hypothèse qui sous tend le livre de Marie Claude Bomsel, « Leur sixième sens »*. Docteur vétérinaire, professeur au Muséum national d’histoire naturelle elle est également chroniqueuse animalière dans l’émission de France 2 « C’est au programme ». Dans ce livre bourré d’anecdotes scientifiques sur les animaux sauvages et leur façon de se comporter dans la vie, l’auteur passe en revue les cinq sens : goût, odorat, vue, audition et toucher. Elle rétablit ainsi la réalité sur beaucoup d’idées préconçues et de certitudes établies, avec beaucoup d’humour, forçant un peu la dose sur le style jeux de mots faciles et traits que l’on croirait tiré du célèbre « Almanach Vermot », qui risquent de dévaloriser quelque peu la culture scientifique de cet éminent professeur. Chaque sens est passé en revue à l’aune de plusieurs espèces ; citons parmi les différents chapitres abordés : « Comment le saumon reconnaît-il sa rivière natale ? », « La chouette voit-elle vraiment la nuit ? », « Pourquoi certains animaux peuvent-ils bouger les oreilles et d’autres pas ? », « Comment la femelle araignée sait-elle que son mâle lui fait la cour ? », etc. Ou encore : « Comment un coucou qui n’a pas connu ses parents naturels peut-il retrouver tout seul le chemin de l’Afrique ? ». Le coucou dont les mœurs s’apparentent à celles de la « grande délinquance », car, comme chacun le sait, sa mère abandonne l’œuf qu’elle pond dans le nid d’un oiseau d’une autre espèce, puis l’œuf de coucou éclosant avant les autres, l’oisillon n’aura de cesse de jeter les œufs non éclos de ses demi-frères afin de demeurer le seul à profiter de l’apport nutritionnel de ses parents adoptifs. « Après avoir quitté le nid, il va s’envoler pour une longue migration en solitaire vers le Sud, où il retrouvera les siens sur une aire d’hivernage bien déterminée. Ce premier voyage semble invraisemblable, puisque ses parents ont migré plus d’un mois avant. Dès lors, il doit parcourir son trajet de manière instinctive. Peut-on parler de sixième sens lorsque aucune raison autre que la transmission génétique ne peut être avancée ? » indique l’auteur. Cependant, la démonstration concernant un « sixième sens » et la catastrophe de décembre 2004, demeure à faire, les connaissances scientifiques n’étant pas encore clairement établies. Le docteur Marie Claude Bomsel, conclut avec pertinence : « Ces deux derniers siècles ont été un formidable tremplin pour l’essor des sciences et des nouvelles techniques qui en sont issues. Mais le non-initié accepte plus facilement de ne rien comprendre au système d’orientation ou à la mécanique d’un avion qu’à la façon de se diriger ou de voler d’une oie (bête par excellence !) en migration. L’idée ne viendrait à personne de penser que l’Airbus qui le survole trouve un chemin grâce à un sixième sens ! Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Oui, même s’il peut être automatique. Y a-t-il une cervelle dans l’oiseau ? Naturellement ! ». Roger MUS * Leur sixième sens » aux éditions Michel Lafon |
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