Il faut éviter le « sur-accident » : couper le contact des véhicules accidentés, signaler à distance l’accident aux autres véhicules. Pour bien mobiliser la victime, en cas de nécessité absolue, le plus important est de préserver la rectitude du rachis, selon la méthode de la cuillère si plusieurs sauveteurs sont présents. Sinon le plus simple est de tirer le patient par les chevilles, après avoir fait passer ses mains dans la ceinture
Un sauveteur isolé peut extraire un patient de son véhicule
Évaluer rapidement l’état de conscience
En cas de troubles de la conscience, la priorité est la libération des voies aériennes supérieures et le maintien d’une ventilation efficace : le doigt vérifie l’absence de corps étranger dans la bouche, et on retire les appareils dentaires mobiles ; on décolle la langue de la paroi postérieure du pharynx en basculant la tête légèrement en arrière. Puis, la mise en position latérale de sécurité s’impose (voir perte de connaissance). Elle évite l’inhalation de liquide gastrique en cas de vomissement.
Évaluer l’état respiratoire
Si le patient ne respire pas, on le ventile par la technique du bouche à bouche ou à l'aide d’un masque de poche de type Laerdal, qui a l’avantage de s’adapter sur tous les visages. Ces manœuvres sont à réaliser en évitant les mouvements intempestifs du rachis
Préserver ou rétablir l’état hémodynamique
En cas d’hémorragie extériorisée, la zone concernée est comprimée en appliquant un linge propre ou des compresses. La compression manuelle peut parfois être avantageusement remplacée par l’utilisation d’une bande circulaire, en prenant garde de ne pas créer une ischémie distale (disparition de la circulation sanguine à l'extrémité du membre ). Elle est gênée en cas de douleur excessive, ou inefficace lorsque la zone hémorragique est trop étendue. Au niveau des membres, on peut alors être amené à réaliser une compression d’amont sur les gros troncs artériels (fig. 5). Les plaies seront enveloppées avec un linge propre pour limiter les risques d’infection.
La pose d’un garrot (cravate , ceinture) est un geste exceptionnel, elle est tentée après l'échec des méthodes précédentes, le risque d’ischémie prolongée et donc d’amputation secondaire étant important. Le garrot doit être suffisamment serré pour ne pas réaliser seulement un garrot veineux qui augmentera l’hémorragie, et il faut impérativement noter et signaler l’heure de mise en place.
Réchauffer, rassurer, réconforter
Le rôle du secouriste ne se limite pas à des gestes techniques. Les blessés doivent être réchauffés et protégés des intempéries (vent, pluie). Il faut les rassurer et les réconforter. Il ne faut jamais donner ni à boire ni à manger aux victimes.
À l’arrivée des secours
Dès l’arrivée des secours médicalisés, une transmission des informations et des gestes réalisés est indispensable : ainsi, les médecins des unités mobiles hospitalières sont informés de l’état initial des blessés et des gestes effectués. Ce sont eux qui assureront la suite de la prise en charge jusqu’à l’hôpital.